Bolboschoenus laticarpus Marhold, Hroudová, ZákravskÝ & Ducháček (= B. maritimus subsp. cymosus (Rchb.) Soják)
− Aleria: bord du lac de Teppe Rosse au nord-est de la bombe, colonie dense sur 10 m ² environ, 17.7.201 4, Tison, J. M. s.n. (Hb. privé).
Xénophyte nouvelle pour la Corse, d’origine médio-européenne. Le genre Bolboschoenus (Asch.) Palla n’a pas été étudié en Corse depuis sa décomposition analytique (synthétisée par HROUDOVÁ et al., Ann. Bot. Fennici 44: 81-102, 2007). Toutefois, compte tenu des répartitions connues des cinq taxons, on peut s’attendre à y trouver surtout B. maritimus (L.) Palla (littoral) et B. glaucus (Lam.) S. G. Gm. (méditerranéen), deux plantes d’aspect très proche, à inflorescence compacte et à akènes plans-convexes, séparables surtout par l’anatomie de ces derniers. B. laticarpus possède au contraire une inflorescence à 2-5(-7) rameaux longs et des akènes nettement carénés sur la face abaxiale, caractères parfois attribués à une ascendance de B. yagara (Ohwi) Y. C. Yang (BROWNING et al., Ann. Bot. Fennici 33: 129-136, 1996); même si sa distribution est encore mal connue, c’est clairement une plante extra-méditerranéenne (HROUDOVÁ et al., loc. cit.). Depuis 2007, il a été identifié en de nombreux points de France continentale, mais pas encore dans la partie méditerranéenne du pays (données inédites). Cependant il est connu pour être particulièrement dynamique, voire invasif à l’occasion (HROUDOVÁ et al., loc. cit.). Son apparition au lac artificiel de Teppe Rosse, naguère affligé de nombreuses xénophytes, est en faveur d’une origine exogène: compte tenu de l’étendue de la population, il a probablement été introduit en même temps que les Cyperus difformis L., Glinus lotoides L. et autres, mais, contrairement à eux, s’est maintenu grâce à son rhizome tenace.